100% Barbusse : des propositions concrètes pour améliorer le projet

4 septembre 2026 | Economie et attractivité, Quartier Sud, Urbanisme | 0 commentaire

Cet article présente la démarche citoyenne d'un habitant du quartier présent à la réunion publique du 04 juillet 2026 organisée par la majorité municipale. Il exprime des inquiétudes sur les itinéraires cyclables, des questionnements sur l’emplacement du marché et des interrogations sur l’avenir du centre commercial.

À la suite de la réunion publique du 4 juillet 2026 consacrée au projet « 100% Barbusse », un habitant du quartier a adressé à la maire de Malakoff un courrier détaillant plusieurs points de vigilance et proposant des améliorations concrètes de l’aménagement envisagé.

Le projet de réaménagement du secteur Henri Barbusse constitue une transformation importante de cet espace de Malakoff. Il doit notamment modifier les circulations, réorganiser l’espace public et accompagner la création d’une nouvelle place. Mais pour être pleinement réussi, un tel projet doit aussi tenir compte de l’usage quotidien qu’en font les habitants, les cyclistes, les piétons, les commerçants et les agents municipaux. C’est dans cet esprit qu’un habitant présent lors de la réunion publique du 4 juillet dernier a souhaité faire part à la municipalité de plusieurs observations.

Des cheminements cyclables à préserver

Le premier point soulevé concerne les circulations cyclables depuis la rue Jules Guesde.

Aujourd’hui, cette rue constitue un axe apaisé particulièrement utilisé par les cyclistes venant du sud de Malakoff, notamment en provenance des écoles Barbusse et, à terme, de la nouvelle piscine.

Selon l’habitant, le cheminement prévu dans le projet « 100% Barbusse » risque au contraire de rendre ces déplacements plus longs et plus complexes.

Le parcours envisagé imposerait notamment une descente en virage, puis la traversée du boulevard Stalingrad, avant une montée vers le carrefour. Cette traversée d’un axe routier très fréquenté constitue, selon lui, un point de vigilance particulier.

Il souligne également le risque que certains cyclistes soient amenés à se déporter vers les espaces piétons, ce qui pourrait créer de nouveaux conflits d’usage.

Une solution simple : raccorder les pistes cyclables existantes

L’habitant propose donc de conserver une continuité cyclable avec les axes du boulevard Louise Michel.

Cette solution permettrait, selon lui, de relier directement les nouveaux aménagements aux itinéraires déjà empruntés par les cyclistes en provenance ou à destination du sud de Malakoff.

Elle faciliterait notamment l’accès à la rue Jules Guesde, qui constitue un itinéraire apaisé permettant d’éviter des axes moins adaptés aux déplacements à vélo.

Cette continuité pourrait également prendre toute son importance avec l’ouverture de la nouvelle piscine. Les usagers souhaitant rejoindre le nord de Malakoff pourraient en effet être nombreux à emprunter l’itinéraire Louis Girard – Jules Guesde.

L’enjeu dépasse donc la seule desserte du rond-point Henri Barbusse : il concerne également les déplacements vers plusieurs équipements fréquentés par les habitants, comme le collège Charlotte-Delbo, le parc Salagnac ou encore le stade Marcel-Cerdan.

Le marché : quelle place dans le nouvel espace public ?

Le deuxième point concerne l’emplacement envisagé pour le marché.

D’après le projet présenté lors de la réunion du 04 juillet, le marché serait installé sur le trottoir du boulevard Stalingrad.

Pour l’habitant, cette implantation pose plusieurs questions.

Elle risque tout d’abord d’éloigner le marché de la nouvelle place ainsi que des commerces sédentaires. Or, l’un des objectifs d’un espace public réaménagé est précisément de favoriser les rencontres, l’animation et la vie de quartier.

La question de la logistique constitue également un sujet important.

En l’absence d’une véritable zone de chargement à proximité des stands, les opérations d’installation et de démontage pourraient conduire les commerçants et les agents municipaux à utiliser les pistes cyclables pour stationner ou effectuer leurs opérations.

Cela pourrait créer des situations de conflit entre commerçants, agents municipaux, cyclistes et piétons.

Installer le marché au cœur de la nouvelle place ?

L’habitant avance une autre possibilité : installer le marché directement sur la nouvelle place.

Cette solution permettrait, selon lui, de donner davantage de vie au nouvel espace public et de rapprocher le marché des commerces sédentaires.

Il propose également d’étudier la création de places de stationnement le long de l’axe routier du boulevard Stalingrad.

Ces emplacements pourraient être utilisés pour les besoins des futurs équipements publics en dehors des horaires du marché, tout en répondant aux besoins logistiques du marché le samedi matin.

Une proposition qui mérite donc d’être étudiée dans une logique de cohabitation entre les différents usages de l’espace public.

Quel avenir pour le Centre Commercial ?

Le courrier soulève enfin une troisième question : celle de l’avenir du centre commercial situé à proximité du projet.

Alors que les travaux de réaménagement de la place ont commencé, l’habitant regrette l’absence, à ce stade, d’informations concrètes concernant le devenir de ces locaux.

Il s’interroge notamment sur les conséquences qu’aurait une éventuelle vacance prolongée des cellules commerciales : dégradations, sentiment d’abandon ou difficultés supplémentaires pour les commerces situés à proximité.

La question est d’autant plus importante que les commerces du 29 se trouveront directement concernés par la période de travaux et par les modifications de circulation autour de la future place.

La durée prévisionnelle des travaux constitue également, selon lui, une information attendue par les habitants et les commerçants afin de pouvoir anticiper au mieux cette période de transition.

Un constat : un quartier qui perd peu à peu son dynamisme commercial

La fermeture progressive des commerces dans le quartier n’est pas une fatalité. Elle traduit surtout l’absence d’une véritable volonté politique de redonner au quartier un dynamisme commercial durable.

Pour attirer de nouveaux commerçants, il faut créer les conditions favorables : pourquoi ne pas commencer par attirer quelques enseignes ou commerces phares, capables de créer une locomotive et d’inciter d’autres commerçants à venir s’installer ?

Le marché du samedi est également révélateur de cette perte de dynamisme. Alors qu’il réunissait autrefois de nombreux commerçants, il n’en compte aujourd’hui que deux ou trois certains samedis. Dans ces conditions, il est difficile d’attirer une clientèle et de faire vivre le quartier.

Nos solutions

Nous pensons qu’il faut une véritable volonté de restructurer et redynamiser le quartier, en créant un environnement propice au commerce : une offre commerciale diversifiée, des commerces attractifs, un marché du samedi réellement vivant et, surtout, une véritable mixité sociale.

Car cette mixité existait davantage autrefois. Les commerçants que nous avons rencontrés nous ont souvent expliqué qu’elle permettait à une clientèle plus diverse de fréquenter les commerces et de faire vivre le quartier.

Aujourd’hui, la disparition progressive de cette mixité et la baisse du pouvoir d’achat d’une partie des habitants ont profondément changé les habitudes de consommation. Beaucoup sont désormais contraints de privilégier systématiquement les prix les plus bas, au détriment des commerces de proximité.

Redonner de la vie au quartier, c’est donc agir à la fois sur le commerce, l’attractivité et la mixité sociale.

Améliorer le projet plutôt que de s’y opposer systématiquement

Pour Malakoff Pour Tous, les grands projets d’aménagement doivent être pensés avec celles et ceux qui les utilisent quotidiennement.

Un plan peut sembler cohérent sur le papier. Mais ce sont les habitants, les cyclistes, les piétons, les commerçants et les agents municipaux qui, chaque jour, en feront l’expérience.

Les propositions formulées dans ce courrier méritent donc d’être examinées avec attention : préserver la continuité cyclable, mieux intégrer le marché à la nouvelle place, anticiper les besoins logistiques et donner de la visibilité sur l’avenir des commerces sont autant de sujets qui peuvent contribuer à faire de « 100% Barbusse » un aménagement réellement adapté aux usages du quartier.

L’amélioration d’un projet n’est pas un recul. C’est au contraire la preuve qu’une concertation peut être utile lorsqu’elle permet de faire évoluer les choix pour mieux répondre aux besoins du terrain.

Malakoff Pour Tous restera attentif à la suite donnée à ces propositions et souhaite que les habitants puissent continuer à être entendus sur l’avenir de leur quartier.

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