
Les cinq courts historiques de l'USMM Tennis doivent disparaître à l'automne 2026 dans le cadre du projet de requalification du secteur Henri Barbusse.
La disparition programmée des cinq courts de tennis de la dalle Védrines révèle une nouvelle fois les contradictions de la politique municipale en matière d’équipements sportifs.
À l’automne 2026, les cinq courts historiques de l’USMM Tennis ainsi que son club-house doivent disparaître dans le cadre du projet de requalification du secteur Henri-Barbusse.
Le problème n’est pas le principe de transformer un quartier. Le problème est beaucoup plus simple : qu’a prévu la municipalité pour remplacer l’équipement sportif qu’elle fait disparaître ?
À ce jour, aucune réponse concrète n’a été apportée.
Cinq courts supprimés : une perte de 60% pour le club
Les chiffres sont particulièrement préoccupants.
L’USMM Tennis compte environ 500 adhérents. Avec la disparition des cinq courts de la dalle Védrines, le club ne disposera plus que de quatre terrains répartis sur deux autres sites.
C’est une diminution de 60% de ses courts.
Pour un club qui accueille des enfants, des adultes, des compétiteurs et des pratiquants de loisir, les conséquences sont loin d’être anecdotiques.
Le président de l’USMM Tennis, Thierry Attias, évoque dans Le Parisien le risque de perdre des adhérents et des enseignants. Le club emploie actuellement sept professeurs. (leparisien.fr)
Et derrière ces chiffres, il y a une réalité très concrète : des créneaux d’entraînement en moins, des compétitions plus difficiles à organiser et potentiellement des adhérents contraints de chercher ailleurs les conditions de pratique qu’ils ne trouveront plus à Malakoff.
La mairie était prévenue depuis 2020
Selon Thierry Attias, la ville avait informé le club dès 2020 de la disparition programmée des courts de Tennis de la dalle Védrines.
C’est probablement l’un des éléments les plus difficiles à comprendre.
La mairie ne peut pas dire aujourd’hui qu’elle découvre la situation. C’est elle qui a conçu le projet et qui en connaissait les caractéristiques. Elle savait donc, dès la construction du dossier, qu’il y aurait une problématique liée au nombre de grands logements. Cette question aurait dû être anticipée et non découverte une fois le projet engagé.
Cela signifie aussi que la municipalité disposait de plusieurs années pour travailler à la recherche d'une solution.
Pourtant, en 2026, alors que la destruction est désormais imminente, aucune solution de remplacement n’est opérationnelle.
Six années pour anticiper.
Six années pour rechercher du foncier.
Six années pour travailler avec le club de Tennis de la Ville.
Six années pour intégrer le besoin de terrains de tennis aux différents projets d’aménagement de la ville.
Et aujourd’hui, toujours pas de solution concrète.
C’est précisément cette absence d’anticipation que Malakoff Pour Tous souhaite aujourd'hui souligner.
Le club avait pourtant formulé une proposition
Contrairement à ce que pourrait laisser penser la situation, l’USMM Tennis ne s’est pas contenté d’attendre une hypothétique solution municipale.
Le club a travaillé sur un projet précis et l’a transmis à la mairie il y a environ un an.
Sa proposition prévoyait notamment :
- des aires de jeux destinées aux familles ;
- cinq courts de tennis ;
- deux pistes de padel ;
- un terrain de pickleball ;
- un nouveau club-house.
Le site envisagé était celui qui doit être libéré par le futur déménagement du collège Henri Wallon. Une proposition structurée, destinée non seulement aux licenciés du club mais également à développer une offre sportive et familiale plus large.
Pourtant, selon le président et le responsable des relations publiques du club cités par Le Parisien, cette proposition est restée sans réponse concrète. (leparisien.fr)
Le constat est donc particulièrement sévère : la ville supprime cinq courts, le club propose lui-même une solution, et pourtant aucune décision n’est annoncée.
« Nous n’avons pas de solution immédiate »
Interrogé par Le Parisien, Hugo Poupard, premier adjoint chargé de l’urbanisme, reconnaît que la ville ne dispose pas de solution immédiate pour le tennis.
La municipalité affirme toutefois s’être engagée dès 2022 à intégrer des courts de tennis dans de futures opérations immobilières dont les emplacements restent encore à identifier. (leparisien.fr)
C’est là que se trouve toute la contradiction.
On supprime aujourd’hui un équipement existant au nom d’un projet d’aménagement futur, tout en renvoyant la reconstruction de l’offre sportive à des opérations futures dont les sites restent à déterminer.
Autrement dit : la suppression est concrète et datée. La solution, elle, reste hypothétique.
Une ville qui demande encore aux associations d’attendre
Ce dossier pose une question plus large sur la manière dont la municipalité conduit ses grands projets.
À Malakoff, plusieurs équipements sportifs sont actuellement indisponibles ou doivent l’être pendant les travaux : piscine, gymnase, terrain de football…
Dans ce contexte, la disparition simultanée de cinq courts de tennis représente un nouveau coup porté à l’offre sportive locale. (leparisien.fr)
La réponse municipale consiste à expliquer que les travaux permettront à terme de remettre les équipements à neuf.
Mais pour les associations et les habitants, le problème se pose maintenant.
Combien de créneaux perdus ?
Combien d’adhérents contraints de renoncer ?
Combien de familles devront trouver une solution dans les villes voisines ?
Combien d’années faudra-t-il attendre avant de retrouver une capacité sportive comparable ?
Ces questions méritent des réponses précises.
Le problème n’est pas le foncier : c’est l’anticipation
La municipalité invoque notamment la rareté du foncier à Malakoff.
C’est une réalité que personne ne conteste : notre ville est dense et les terrains disponibles sont rares.
Mais précisément pour cette raison, chaque mètre carré disponible doit être anticipé et pensé dans une stratégie globale d’aménagement.
Le Parisien rapporte d’ailleurs qu’une autre piste avait été évoquée par la municipalité le long des voies ferrées, mais qu’elle a été rejetée en raison des nuisances sonores. Des démarches auprès de villes voisines ainsi qu’auprès du fort de Vanves n’ont pas davantage abouti. (leparisien.fr)
Ces démarches montrent que la municipalité a recherché certaines solutions.
Mais elles ne répondent pas à la question essentielle : pourquoi aucune solution pérenne n’a-t-elle été sécurisée avant la disparition des courts ?
Le tennis serait-il devenu une variable d’ajustement ?
Cette question est d’autant plus légitime qu’un ancien élu de la majorité municipale, Roderic Aarsse, désormais dans l’opposition, estime qu’il existe des espaces qui pourraient être étudiés à proximité du centre technique municipal.
Il regrette surtout que, dans le cadre de la requalification du quartier, aucune solution, même provisoire, n’ait été étudiée pour le tennis. (leparisien.fr)
Il avance également une explication politique concernant la place accordée au tennis dans les priorités municipales, mais celle-ci relève de son appréciation personnelle et doit être considérée comme telle.
Pour Malakoff Pour Tous, le débat doit rester simple :
Tous les sports doivent-ils être considérés avec la même attention par la puissance publique ?
Nous le pensons.
Le tennis compte près de 500 adhérents à l’USMM. Il participe à l’éducation sportive des enfants, à la pratique de loisir, à la compétition et à la vie associative de notre commune.
Il mérite donc autre chose qu’une promesse de courts « à identifier » dans de futures opérations.
Construire la ville, oui. Sacrifier le sport, non.
Malakoff Pour Tous ne conteste pas la nécessité de faire évoluer notre ville.
Nous sommes favorables à la transformation des quartiers lorsqu’elle améliore réellement le cadre de vie des habitants.
Mais une politique d’aménagement responsable ne consiste pas seulement à construire des logements : elle doit également préserver et développer les équipements publics et associatifs nécessaires à la vie quotidienne.
Construire des logements sociaux est nécessaire.
Réhabiliter le patrimoine social est nécessaire.
Développer les commerces et améliorer les quartiers est nécessaire.
Mais cela ne peut pas conduire à considérer les équipements sportifs comme une variable d’ajustement.
Ce que nous demandons
Face à cette situation, Malakoff Pour Tous demande à la municipalité :
1. De présenter publiquement un calendrier précis pour le remplacement des cinq courts supprimés.
2. De rendre public le projet transmis par l’USMM Tennis et les suites données par la ville.
3. D’étudier réellement l’ensemble des possibilités foncières disponibles à Malakoff, notamment celles identifiées autour du centre technique municipal.
4. De rechercher, si nécessaire, des solutions provisoires permettant au club de maintenir son activité pendant la période de transition.
5. D’associer pleinement les dirigeants, enseignants, adhérents et familles de l’USMM Tennis aux décisions concernant leur avenir.
Car derrière les plans d’urbanisme et les opérations immobilières, il y a une réalité que la municipalité ne doit pas oublier : une ville se construit pour ses habitants.
Et à Malakoff, les habitants ont aussi besoin de pouvoir faire du sport.
Malakoff Pour Tous : défendre une ville qui pense à demain
La dalle Védrines disparaîtra.
Le projet urbain se poursuivra.
Mais la question du tennis, elle, ne doit pas disparaître avec les courts.
Nous demandons simplement que la municipalité fasse preuve du même niveau d’anticipation pour les équipements sportifs que pour les opérations immobilières.
Parce qu’un équipement que l’on détruit aujourd’hui ne peut pas être remplacé demain par une promesse.
Malakoff mérite mieux qu’une solution à identifier. Elle mérite une solution décidée, financée et programmée.
Source : Le Parisien, « C’est un déchirement : le club de tennis de Malakoff dit adieu à ses courts historiques », 28 juin 2026. (leparisien.fr)



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